Science du microbiote et nutrition préventive

Pr Joël Doré (INRA- Paris)

Chaque humain est cette symbiose mi-humaine, mi-microbienne qui se construit à partir du moment même de la naissance et dont l’homéostasie est essentielle au maintien de la santé et du bien-être.

Issue d’une longue co-évolution qui a précédé l’avènement du genre Homo sur la planète, notre symbiose a été dramatiquement mise à l’épreuve à travers seulement quelques générations qui ont vu dans le même temps l’incidence des maladies chroniques croître de façon totalement incontrôlée.

La transition nutritionnelle et l’exposition aux xénobiotiques alimentaires et environnementaux ainsi que les modifications de la prise en charge périnatale ont pu impacter la symbiose hôte-microbes.

Les grandes pathologies de sociétés modernes, que l’on peut voir aujourd’hui comme des maladies de la symbiose, se caractérisent par l’altération concomitante du microbiote (perte de diversité, perte de symbiontes et prolifération de pathobiontes) et de paramètres de l’hôte (perméabilité intestinale, inflammation, stress oxydant).

La symbiose altérée serait ainsi potentiellement un état stable issu d’une rupture du dialogue harmonieux entre l’hôte et ses microbes, et entretenu par des causalités circulaires.

Face à l’urgence d’agir contre l’épidémie de maladies chroniques, la science du microbiote offre aujourd’hui les bases d’une nutrition préventive innovante, à la fois holistique et individuelle.